Je nommais la boucle des autres. Je ne voyais pas la mienne.
« L'écart entre savoir et incarner est peut-être le fossé le plus humiliant et arrogant qui soit. »
François Sauro
Salut ! Je suis François Sauro, auteur, conférencier et entrepreneur en formation.
Ceci est mon histoire
J'ai fondé mon entreprise en éducation en 2010. Plus de deux mille ateliers et conférences depuis. On me dit que j'ai une clarté rare. Que je mets des mots sur ce que les gens vivent sans savoir l'exprimer.
J'ai appris à nommer les boucles de répétition. Le même type de partenaire sous un autre visage. La même dispute dans une autre cuisine. La même fin qu'on n'a pas vue venir. Encore.
Je nommais celle des autres avec une précision chirurgicale. Je ne voyais pas la mienne.
L'écart entre savoir et incarner est le fossé le plus humiliant qui soit. Vous pouvez expliquer brillamment pourquoi les gens répètent leurs schémas, et rentrer chez vous le soir en répétant le vôtre.
Personne ne vous le dit. Vous êtes trop convaincant. Y compris pour vous-même.
Un mardi soir de 2020. La pandémie. Mon modèle d'affaires venait de s'écrouler. Une
relation venait de finir. Pas dans le fracas. Dans l'épuisement.
J'étais assis dans mon salon. Vingt et une heures. Le silence était si dense que j'entendais le frigo vibrer.
J'ai senti monter le réflexe. Ouvrir le téléphone. Faire défiler. Trouver n'importe quoi à regarder. Pendant des années, j'avais utilisé cette infrastructure de fuite avec une maîtrise assumée.
Ce soir-là, j'ai laissé le téléphone dans une autre pièce. Je suis resté assis, un cahier ouvert sur les genoux. Quelque chose s'est ouvert ce soir-là que je n'ai plus jamais réussi à refermer.
Ce que j'ai trouvé ne m'a pas plu. Mon incapacité à recevoir sans compter. Ma peur que l'amour, le vrai, celui qui ne demande rien en retour, n'existe pas.
Et sous cette peur, une plus ancienne. La peur d'être figé. D'être devenu, à quarante-cinq ans, un homme dont les schémas sont rendus en béton.
Il y a un adage soufi qui tient tout ce que j'écris.
« Votre mission n'est pas de chercher l'amour, mais de trouver et d'éliminer les barrières que vous avez érigées contre lui. »
Lisez-la une deuxième fois.
Si elle est vraie, l'amour que vous cherchez depuis dix, vingt, trente ans, vous ne l'avez jamais perdu. Vous avez seulement dressé des protections contre lui.
Le travail n'est pas un travail de conquête. C'est un travail de démantèlement.
J'en ai trouvé huit. Huit barrières. Chacune née d'une blessure. Chacune payée. Pas
en heures de formation. En séparations, en nuits blanches, en conversations que j'aurais dû avoir et que j'ai fuies.
Je n'écris pas en expert. Je n'ai pas de diplôme en psychologie. Je ne suis pas thérapeute.
Je n'écris pas non plus parce que je suis guéri. La guérison n'est pas une destination.
Mais aujourd'hui, je vois les barrières quand elles se présentent. Je reconnais leurs voix.
Cette différence change tout.
En 2024, j'ai participé à Ma mère, ton père, à TVA. Puis j'ai commencé à publier des vidéos. L'une d'elles, où je me demande pourquoi je suis célibataire, a dépassé les 900 000 vues.
Sont venus les messages. Dix à trente par jour. Sous des formes différentes, la même phrase revenait.
« Enfin, quelqu'un qui parle comme un adulte. »
Ce compliment ne m'a pas flatté. Il m'a alarmé. Parce qu'il dit l'état du discours amoureux chez nous. D'un côté la victimisation. De l'autre le cynisme. Entre les deux, presque rien.
Après quarante ans, on n'a plus besoin d'un discours qui accuse. On a besoin d'un langage qui responsabilise sans humilier. Qui nuance sans ramollir. Qui aide à aimer sans se trahir.
C'est ce que j'essaie d'écrire.
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